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Statut & démarches

Plafonds micro-entreprise 2026 : les deux seuils qu’on confond tout le temps

Mis à jour le 13 août 2026 · 8 min de lecture · par l’équipe Ouvrir Mon Cabinet

Transparence : ce guide contient des liens partenaires, signalés comme tels. Ils peuvent nous rémunérer sans surcoût pour vous et n’influencent pas nos comparatifs. Notre méthode

Les praticiens qui s’inquiètent du plafond de la micro-entreprise surveillent presque toujours le mauvais chiffre. Le seuil de 83 600 € est celui dont on parle, mais c’est celui de 37 500 € que vous rencontrerez en premier, et c’est lui qui change réellement votre façon de facturer. Voyons les deux, et ce qu’ils déclenchent.

Deux seuils, deux logiques

La confusion vient de ce que ces deux plafonds n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Le premier relève du régime fiscal et social de votre entreprise. Le second relève de la TVA, qui est un impôt distinct, avec ses propres règles.

Les seuils applicables à un praticien bien-être en 2026
SeuilMontant 2026Ce qu’il déclencheDélai
Plafond du régime micro (services et BNC)83 600 € HTPassage au régime réel d’impositionAprès 2 années consécutives de dépassement
Franchise de TVA, seuil de base37 500 € HTVous devenez redevable de la TVAAu 1er janvier de l’année suivante
Franchise de TVA, seuil majoré41 250 € HTTVA applicable immédiatementDès le jour du dépassement
Compte bancaire dédié10 000 € HTOuverture d’un compte séparé obligatoireAprès 2 années civiles consécutives

Le piège du seuil majoré

Le seuil de 41 250 € est le seul qui produit un effet instantané. Si vous encaissez votre 41 250ᵉ euro un 12 octobre, toutes vos prestations facturées à partir de cette date doivent porter la TVA, même si vous n’avez pas encore de numéro de TVA intracommunautaire. C’est la situation la plus inconfortable, parce qu’il est très difficile de revenir vers un client pour lui réclamer 20 % de plus après coup.

La TVA, le seuil qui arrive le plus vite

Un praticien qui facture 60 € la séance atteint 37 500 € avec environ 625 séances par an, soit une douzaine par semaine. C’est un rythme de cabinet installé, pas un rythme exceptionnel. Beaucoup de praticiens à temps plein franchissent ce seuil avant même d’approcher le plafond micro.

Ce que change le passage à la TVA

  • Vos factures portent désormais la TVA au taux normal de 20 %. Vous la collectez pour le compte de l’État et la reversez.
  • Vous récupérez en contrepartie la TVA sur vos achats professionnels : table de massage, loyer si le bail y est soumis, logiciels, formation. Sur des investissements importants, ce n’est pas neutre.
  • Vous devez tenir des déclarations de TVA périodiques, ce qui suppose un logiciel de facturation capable de les préparer.
  • Vos tarifs affichés doivent être clairs pour une clientèle de particuliers, qui raisonne en prix TTC et ne récupère rien.

La vraie question n’est pas fiscale

Face à une clientèle de particuliers, passer à la TVA revient soit à augmenter vos prix de 20 %, soit à absorber cette TVA sur votre marge. Aucune des deux options n’est agréable. C’est la raison pour laquelle certains praticiens pilotent volontairement leur activité sous le seuil, en ajustant leur volume de séances en fin d’année. Cette stratégie a un coût : elle plafonne votre activité au moment précis où elle décolle.

Tant que vous restez sous la franchise, vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

Le plafond micro : plus haut, et plus souple

Le seuil de 83 600 € est nettement plus confortable, et surtout beaucoup plus tolérant. Il s’apprécie sur deux années : le régime micro s’applique aux revenus perçus en 2026 si le chiffre d’affaires de 2025 ou de 2024 n’a pas dépassé le seuil. Autrement dit, une bonne année isolée ne vous éjecte pas du régime.

Si le dépassement se confirme sur deux années consécutives, vous basculez à l’entreprise individuelle au régime réel. Ce changement n’est pas une sanction : à ce niveau de chiffre d’affaires, il devient souvent plus avantageux. En micro, vos cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires et vos frais réels ne sont pas déduits, l’abattement forfaitaire de 34 % en tenant lieu. Au réel, vous déduisez le loyer, le matériel, les formations et les déplacements, et vous cotisez sur le bénéfice.

Le signal à surveiller

Comparez chaque année vos frais réels à 34 % de votre chiffre d’affaires. Si vos frais dépassent durablement ce pourcentage, le régime micro vous coûte de l’argent, indépendamment de tout plafond. Notre simulateur de statut fait cet arbitrage à partir de vos chiffres.

La première année : un plafond réduit

L’année de création, le plafond du régime micro est ajusté au prorata de votre durée d’activité. Le calcul rapporte le plafond annuel au nombre de jours écoulés entre votre début d’activité et le 31 décembre.

Plafond micro proratisé selon la date de début d’activité
Début d’activitéJours d’activitéPlafond de la 1ʳᵉ année
1er janvier36583 600 €
1er avril275environ 62 990 €
1er juillet184environ 42 140 €
1er octobre92environ 21 070 €

Cette proratisation ne concerne que l’année de création. En pratique, elle pose rarement problème à un praticien qui démarre, puisque les premiers mois d’activité produisent un chiffre d’affaires très inférieur à ces montants. Elle mérite en revanche un calcul précis si vous transférez une activité déjà rodée, ou si vous démarrez avec une clientèle constituée.

Vérifiez votre situation auprès de votre SIE

Les règles de proratisation applicables aux seuils de TVA la première année sont plus techniques et font l’objet de lectures divergentes selon les sources. Si votre chiffre d’affaires de première année approche 37 500 €, interrogez votre service des impôts des entreprises par écrit plutôt que de vous fier à un simulateur en ligne. Une réponse écrite de l’administration vous protège.

Piloter son activité sans subir les seuils

Le meilleur moment pour s’occuper de ces seuils est celui où vous en êtes encore loin. Trois habitudes suffisent.

  • Suivez votre chiffre d’affaires cumulé en continu, pas en fin d’année. La plupart des logiciels de facturation affichent une jauge par rapport aux seuils, ce qui évite toute surprise.
  • Décidez à l’avance de ce que vous ferez au franchissement du seuil de TVA : augmenter vos tarifs, absorber la TVA, ou lisser votre activité. Décider dans l’urgence conduit généralement à absorber, c’est-à-dire à perdre de la marge.
  • Faites le point avec un comptable dès que vous approchez de 60 000 € de chiffre d’affaires annuel. À ce stade, l’arbitrage entre micro et réel mérite un calcul chiffré sur votre situation.

Pour le reste des règles de création et de gestion courante, notre guide du statut juridique reprend les démarches complètes, et le guide de l’ACRE détaille l’exonération de cotisations de la première année.

Questions fréquentes

Quel est le plafond de la micro-entreprise en 2026 ?

Pour les prestations de services et les activités libérales, le plafond est de 83 600 € de chiffre d’affaires hors taxes en 2026. Il s’apprécie sur le chiffre d’affaires des deux années précédentes : le régime micro cesse de s’appliquer seulement si le seuil a été dépassé en N-1 et en N-2. Un dépassement isolé sur une seule année ne vous fait pas sortir du régime.

À partir de quel montant faut-il facturer la TVA ?

Le seuil de base de la franchise en base de TVA pour les prestations de services est de 37 500 € en 2026. Si votre chiffre d’affaires de l’année précédente le dépasse, vous devenez redevable de la TVA à compter du 1er janvier suivant. Il existe aussi un seuil majoré à 41 250 € : si vous le franchissez en cours d’année, la TVA s’applique immédiatement, dès le jour du dépassement.

Le seuil unique de TVA à 25 000 € s’applique-t-il en 2026 ?

Non. La loi de finances pour 2025 avait prévu d’abaisser la franchise de TVA à un seuil unique de 25 000 €. Après une forte mobilisation des indépendants, la mesure a été suspendue puis abandonnée. Les seuils différenciés de 37 500 € et 41 250 € pour les services restent en vigueur en 2026. Si vous lisez le contraire, l’article date de 2025 et n’a pas été mis à jour.

Le plafond est-il réduit si je crée mon activité en cours d’année ?

Oui pour le plafond du régime micro : il est ajusté au prorata du nombre de jours d’activité sur l’année civile de création. Une activité déclarée le 1er juillet dispose ainsi d’un plafond ramené à environ 42 000 € pour cette première année. Cette proratisation ne s’applique que l’année de création ; dès l’année suivante, vous retrouvez le plafond annuel complet.

Que se passe-t-il concrètement si je dépasse 83 600 € ?

Rien immédiatement. Vous restez en micro-entreprise l’année du dépassement et l’année suivante. Ce n’est qu’après deux années civiles consécutives au-dessus du seuil que vous basculez au régime réel d’imposition au 1er janvier de l’année suivante, avec une comptabilité complète et des cotisations calculées sur le bénéfice et non plus sur le chiffre d’affaires. À ce niveau d’activité, l’accompagnement par un comptable devient nécessaire.