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Statut & démarches

Micro-entreprise, EI, société : quel statut pour votre cabinet bien-être ?

Mis à jour le 6 août 2026 · 10 min de lecture · par l'équipe Ouvrir Mon Cabinet

Transparence : ce guide contient des liens partenaires, signalés comme tels. Ils peuvent nous rémunérer sans surcoût pour vous et n'influencent pas nos comparatifs. Notre méthode

Bonne nouvelle : s'installer praticien bien-être est administrativement simple. La micro-entreprise — gratuite à créer, déclarée en ligne en 20 minutes — est le statut de départ de la quasi-totalité des naturopathes, sophrologues et praticiens. Voici ce qu'il faut savoir en 2026, chiffres à jour et démarches pas à pas.

La micro-entreprise : le choix par défaut, et pour de bonnes raisons

En micro-entreprise (régime micro-BNC pour un praticien), vous déclarez simplement votre chiffre d'affaires encaissé chaque mois ou trimestre, et vos cotisations sont calculées en pourcentage. Pas de bilan, pas de liasse fiscale, pas de comptable obligatoire : un livre des recettes et des factures conformes suffisent.

  • Activité : profession libérale non réglementée, revenus imposés en BNC (bénéfices non commerciaux).
  • Code APE typique : 8690F « Activités de santé humaine non classées ailleurs » — attribué automatiquement selon votre déclaration d'activité.
  • Cotisations sociales 2026 : environ 26 % du chiffre d'affaires (taux en hausse régulière ces dernières années — vérifiez le taux en vigueur sur autoentrepreneur.urssaf.fr).
  • Impôt sur le revenu : au barème après un abattement forfaitaire de 34 % (micro-BNC), ou via le versement libératoire (2,2 % du CA) si votre revenu fiscal de référence le permet.

L'ACRE, à ne pas rater

L'ACRE réduit vos cotisations sociales d'environ 50 % pendant les 4 premiers trimestres d'activité. Elle est accordée sous conditions (demandeurs d'emploi, moins de 26 ans, RSA, création dans certaines conditions…) et se demande dans les 45 jours suivant la création. Des milliers de créateurs passent à côté chaque année : vérifiez votre éligibilité dès le premier jour.

Plafonds 2026 : CA et TVA, deux seuils à ne pas confondre

Seuils applicables aux praticiens bien-être en micro-entreprise en 2026
SeuilMontant 2026Ce qui se passe en cas de dépassement
Plafond micro-entreprise (services BNC)83 600 € / anSortie du régime micro après 2 années consécutives de dépassement
Franchise de TVA — seuil de base (services)37 500 € / anTVA applicable à partir du 1er janvier suivant
Franchise de TVA — seuil majoré (services)41 250 € / anTVA applicable dès le jour du dépassement
Compte bancaire dédié obligatoire10 000 € de CAObligatoire après 2 années civiles consécutives au-dessus du seuil

Tant que vous restez sous la franchise de TVA, vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » : vous ne facturez pas de TVA et n'en récupérez pas sur vos achats.

Le seuil unique à 25 000 € ? Abandonné.

La loi de finances 2025 avait prévu d'abaisser la franchise de TVA à un seuil unique de 25 000 €. Après une forte mobilisation des indépendants, la mesure a été suspendue puis définitivement abandonnée par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Les seuils différenciés (37 500 € / 41 250 € pour les services) restent donc en vigueur en 2026. Si vous lisez le contraire, l'article date de 2025.

Les démarches, pas à pas

  1. Déclarez votre activité sur le guichet unique de l'INPI

    Depuis 2023, toutes les formalités passent par procedures.inpi.fr (les anciens CFE ont disparu). Comptez 20 minutes en ligne, c'est gratuit. Décrivez précisément votre activité (« naturopathie — conseil en hygiène de vie », « sophrologie », etc.) : c'est elle qui détermine votre code APE.
  2. Demandez l'ACRE dans les 45 jours (si éligible)

    Formulaire à envoyer à l'URSSAF dès la création : ~50 % de cotisations en moins la première année.
  3. Recevez votre SIREN et créez votre espace URSSAF

    Le SIREN arrive en général sous 1 à 2 semaines. Créez votre compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr et choisissez la fréquence de déclaration (mensuelle ou trimestrielle).
  4. Ouvrez un compte bancaire dédié

    Légalement obligatoire seulement au-delà de 10 000 € de CA deux années de suite, mais vivement conseillé dès le premier jour pour séparer les flux. Notre comparatif des comptes pro.
  5. Souscrivez une RC Pro et équipez-vous

    Assurance RC Pro, logiciel de facturation et TPE : le trio de base du cabinet, à compléter par votre matériel de départ. Pensez aussi à la déclaration initiale de CFE avant le 31 décembre.

EI au réel, EURL, SASU : quand envisager autre chose ?

La micro-entreprise a deux limites structurelles : vous ne déduisez pas vos frais réels (l'abattement de 34 % est forfaitaire), et vos cotisations sont assises sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice. Trois signaux indiquent qu'il est temps d'évoluer :

  • vos frais réels dépassent 34 % de votre CA (local loué cher, matériel, formations, déplacements) → l'EI au régime réel devient plus intéressante ;
  • votre CA approche durablement des plafonds micro ou de TVA → anticipez la bascule avec un comptable en ligne ;
  • vous voulez optimiser votre protection sociale et votre rémunération (arbitrage salaire/dividendes) → EURL ou SASU, avec accompagnement obligatoire d'un professionnel du chiffre.

Dans tous les cas, ce n'est pas une décision de jour 1 : lancez en micro, mesurez, puis faites évoluer la structure quand les chiffres le justifient.

En 5 questions

Vous hésitez encore ? Notre simulateur de statut croise votre chiffre d'affaires visé, vos frais et votre situation pour vous donner une recommandation motivée en une minute.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour s'installer naturopathe ou sophrologue ?

Non : la naturopathie, la sophrologie, la réflexologie ou l'hypnose bien-être sont des professions non réglementées en France — aucun diplôme d'État n'est légalement exigé. En revanche, une formation sérieuse (souvent certifiée par les fédérations professionnelles) est indispensable pour la crédibilité, l'assurance RC Pro, l'inscription aux annuaires sélectifs et, tout simplement, la qualité de votre pratique. Attention aussi à ne jamais empiéter sur les actes réservés aux professions de santé (diagnostic, prescription…) : c'est le délit d'exercice illégal de la médecine.

Puis-je cumuler mon salariat et mon activité de praticien ?

Oui, c'est même le scénario le plus courant en début d'activité : la micro-entreprise se cumule avec un emploi salarié (vérifiez simplement votre contrat de travail : clause d'exclusivité, obligation de loyauté). Vos cotisations et impôts sont calculés séparément sur chaque revenu.

Que se passe-t-il si je dépasse les plafonds de la micro-entreprise ?

Le plafond micro (83 600 € pour les prestations de services en 2026) s'apprécie sur deux années consécutives de dépassement : vous basculez alors en entreprise individuelle au régime réel. Le seuil de TVA est plus bas et plus rapide : au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires (services), vous perdez la franchise l'année suivante — et immédiatement si vous dépassez 41 250 €. À ces niveaux, faites-vous accompagner par un comptable en ligne.

La CFE est-elle due la première année ?

Non : l'année de création est exonérée de cotisation foncière des entreprises. Vous devrez en revanche remplir la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C) avant le 31 décembre de l'année de création. Ensuite, la CFE annuelle dépend de votre commune et de votre local — souvent quelques centaines d'euros, avec une exonération si votre chiffre d'affaires reste inférieur à 5 000 €.

Micro-entreprise ou société (EURL, SASU) pour démarrer ?

Sauf cas particulier (investissements lourds, association à plusieurs, revenus élevés dès le départ), la micro-entreprise est le bon choix pour tester et lancer l'activité : création gratuite, comptabilité ultra-légère, charges proportionnelles au chiffre d'affaires. La société devient pertinente quand le chiffre d'affaires est solide et régulier, pour optimiser rémunération, protection sociale et déduction des frais réels.